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Peuples du desert Mauritanien
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Les Réalisations 2008 de Peuples du désert mauritanien



(Association régie par la loi du 1er juillet 1901,subventionnée par la ville de Saint Maur des Fossés)

AGASSAR MAURITANIE
Compte rendu du séjour 2008





ECOLE D' AGASSAR

A la recherche d' un village déshérité, traversé lors d' une randonnée en 2006, c' est cette école que nous avons repérée l' an dernier, on y enseigne l' arabe et le français. J' ai souhaité m' occuper des villages qui y sont rattachés

DEPART

Nous partons le dimanche 17/02 d' ATAR (ville de 30 000 habitants en plein désert), nous sommes 6 : CHEIKH, guide connu en 2003 et devenu mon ami, YSLEM chauffeur ,MAHMOUD cuisinier,DANY, LILIANE et moi. Nous atteindrons le village d' AGASSAR après des Kms de pistes et 2 bivouacs (le deuxième à EL GLEITAT où nous visitons le dispensaire, belle bâtisse neuve qui ne contient presque aucun médicament; la fille du chef de village, accoucheuse, en assure la permanence)

Nous arrivons le mardi matin, CHEIKH fait appeler le chef de village qui travaille dans la palmeraie avant de pénétrer dans le village, ce dernier nous prête une case au milieu du village (ambiance « biblique » au milieu des chèvres et des ânes, le soir nous serons entourés des feux allumés par les femmes pour faire cuire la nourriture après avoir été chercher successivement le bois dans la palmeraie et l' eau au puits)

PREMIER JOUR

Le matin, une fois installés, nous commençons par consulter (DANY a son brevet de secouriste) avec nos quelques désinfectants, pansements et produits pharmaceutiques, nous voyons 23 personnes et enfants (mal aux yeux, aux oreilles, plaies aux pieds, mal au ventre, diarrhées, aphtes, douleurs au dos, etc.)



Après avoir pris deux déjeuners (celui préparé par notre cuisinier puis le repas traditionnel offert par BEMBA OULD SOILAM -chef du village-) nous effectuons encore quelques 11 consultations (les femmes, les jardiniers viennent d' assez loin pour nous voir) et en même temps nous distribuons des vêtements, très vite je m' aperçois qu' il manque des tailles de 4 à 12 ans et qu' il y en a trop pour les bébés. Nous donnons également des lampes écologiques, des couteaux multifonctions, deux couvertures,des savons,des crèmes, des pommades pour les lèvres, des échantillons de parfum- (peu utiles mais les femmes sont ravies!..)

en fin d' après midi nous prenons le chemin de l' école, nous apportons cahiers, crayons, ardoises, gommes, etc. et quelques livres des fables de La Fontaine (nous reconnaissons le directeur de l' école et un instituteur rencontrés l' an dernier).L' école se compose de 2 bâtiments de 3 classes, 150 élèves environ la fréquentent.
Les enfants viennent de 5 villages (parfois 1 h de marche à effectuer 4 fois par jour!) : BAKDADE, où nous avions été reçu l' an dernier, AGASSAR où nous sommes cette année, EN NEMA, où l' idée m' est venue d' une association en 2006, KAZMIRE et GREIRA.
Mon projet est de m' occuper de ces 5 villages.



Ensuite, nous allons visiter 3 des 7 coopératives féminines : TISSIR (Fatimetou)-NASSER (Weliya)-ELVETH (Fatimetou)-ELKAZMIR (Kelthem)-ENEJAH (Aminetou)-ELBECHRA (Dida)-BECHNA. Dans deux d' entre elles nous voyons que les femmes confectionnent des bonnets au crochet pour les enfants, des décorations de verre à thé et de bâtons ; des colliers, bracelets, objets divers. Comme je l' avais constaté les autres années elles manquent de fournitures. La troisième coopérative est une mini boutique avec quelques maigres produits de première nécessité (thé, sucre, huile, riz)



A la fin de la journée, CHEIKH m' ayant servi d' interprète, nous savons que le dispensaire le plus proche est celui d' EL GLEITAT (celui visité en venant, ayant très peu de médicaments et de plus payants) à environ 25 Kms, à parcourir avec un chameau ou un âne. Nous avons également fait la connaissance de la femme de BEMBA, elle s' appelle FATIMELTOU MINT SAIKE, elle est l' accoucheuse et elle est très contente que j' aie pu lui remettre 3 paires de gants stériles.. Le fils de BEMBA, EL ARBI a suivi une formation médicale effectuée par Médecins sans frontières, mais depuis, pas de suivi, pas de local, pas de matériel, ni de médicaments ! Il lui reste juste un registre de consultations en français, arabe et dessins ! Les ONG viennent peu dans ces endroits reculés, à l' écart des pistes les plus fréquentées.



DEUXIEME JOUR

Nous allons visiter trois des six jardins de la palmeraie (elle mesure 5 Kms de long), nous les trouvons bien entretenus, il y a plusieurs puits; mais il manque des graines, des outils, du grillage.



Au retour nous effectuons le partage entre les six jardiniers : AMINETOU MINT H' NEIMED/FATIMETOU MINT RAMDAN BICHNA HAIJARA MED SALEM BEMBA (le chef) des graines achetées à ATAR (carottes, choux, betteraves, navets, oignons, tomates, poivrons, luzerne pour les animaux) . Puis nous confions une pelle, un râteau, trois binettes et un arrosoir à BEMBA qui le prêtera aux uns ou aux autres selon les besoins.



Pendant ce temps les soins continuent, mais c' est EL ARBI qui les effectuent sous le contrôle de DANY, nous constatons qu' il s' y prend très bien, il lui faudrait une pince à compresses, du collyre neutre pour les enfants, de l' Hextril, de la pommade pour les douleurs, de la vitamine c.un matériel pour les oreilles, etc. L' an prochain j' aimerais pouvoir venir avec une infirmière qui donnerait des conseils d' hygiène aux femmes.

Aujourd' hui notre cuisinier MAHMOUD fait des essais avec le four solaire acheté à ATAR ; ce ne sera pas concluant, pain et pommes de terre mettent très longtemps à cuire, nous ne pouvons donner ce matériel aux habitants. Il me faut aller me former à cette technique (il existe une association qui peut le faire : BOLIVIA INTI)



En fin d' après midi nous partageons les fournitures d' artisanat et de couture, tricot entre les 7 coopératives (fils, attaches pour colliers et bracelets, aiguilles, dés, ciseaux, laine, aiguilles à tricoter, tissus, etc.). Puis je commence une leçon de tricot avec DEIDAA, c' est une jeune fille très appliquée (elle parle un peu le français) et le lendemain matin je suis surprise, elle a continué toute seule, je lui montre alors comment monter les mailles et les arrêter ; elle « pige » tout de suite et je pense qu' elle pourra montrer aux autres, ainsi il sera possible de faire des carrés qui assemblés feront une couverture





Et puis une autre femme vient nous chercher pour visiter une quatrième coopérative ; nous y ferons quelques achats d' artisanat. Comme nous sommes seules, nous en profitons pour faire un tour dans le village, approcher les habitants dans leur environnement, certains vivent encore sous la tente dans le plus complet dénuement ; les femmes nous sourient, nous convient

Le soir après dîner je réalise que ces gens ne savent pas qui nous sommes, nos moyens, je demande alors à CHEIKH de présenter « Peuples du désert mauritanien » et je donne deux prospectus au chef BEMBA. Je demande aussi à aller visiter un autre village le lendemain (ce sera EN NEMA). Nous ne sommes pas venus uniquement pour le village d' AGASSAR.

TROISIEME JOUR

Le matin nous partons visiter EN NEMA qui se trouve à environ ¾ d' heure de marche, je suis très émue de me retrouver là où l' idée m' est venue de m' occuper de ce petit bout de Mauritanie déshérité



Rencontre du chef de village d ' AGASSAR (à gauche) avec le chef de village d' EN NEMA, (à droite), au milieu CHEIKH

Arrivés dans le village, il est semblable à mon souvenir, encore plus déshérité que les autres; nous sommes reçus sous la tente traditionnelle, d' un côté les hommes de l' autre les femmes, mais les échanges sont nombreux et très chaleureux; nous donnons quelques médicaments, vêtements et fournitures d' artisanat que nous avions gardés.

De retour et après avoir déjeuner, ayant tout distribué, ayant engrangé des renseignements pour l' an prochain, CHEIKH nous propose de partir après la sieste car ces trois jours ont été fatigants (nous avons été en permanence sollicités et notre case était souvent pleine). La vie est rude, pour nous autres occidentaux, au milieu du village, sans intimité. Nous avons maintenant besoin de calme.

La nouvelle de notre départ se répand très vite et les cadeaux affluent : bâton de chamelier, deux bâtons décorés, une outre en peu de chèvre remplie de dates malaxées traditionnellement, un tam tam, des bracelets, des dates et enfin la femme du chef FATIMELTOU me glisse dans le creux de la main une pierre brillante dans la main (un porte bonheur ?).Et puis, bien sûr on nous apporte un repas traditionnel. Cette population démunie est vraiment très généreuse et accueillante.

Dehors on nous attend pour nous faire la fête, encore un détour vers la case d' EL ARBI qui veut absolument que nous voyons comment il a rangé les médicaments..dans un petit coffre; le rangement est impeccable!



Nous nous disons au revoir après une dernière photo et le coeur serré nous partons vers un dernier bivouac avant de rentrer vers ATAR samedi pour nous envoler dimanche 24/02.



Nous sommes rentrés de ce voyage satisfaits, nous connaissons trois des 5 villages, l' an prochain il nous faudra découvrir KAZMIRE et GREIRA. Nous avons pu constater qu' il reste des hommes dans ces villages et il est préférable qu' ils y restent plutôt qu' aller grossir les bidonvilles de NOUAKCHOTT Je demanderai à CHEIKH d' aller dormir en bivouac hors des villages pour que ce soit moins fatigant et ainsi nous resterons une journée de plus sur place. Il me faut maintenant élaborer un projet pour l' an prochain et les années à venir car je ne souhaite pas seulement donner, je voudrais apporter à cette population les moyens d' améliorer durablement leurs conditions de vie.

Christiane Dudoret Présidente
(Photos Liliane Benicourt)






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